Le paysage culturel ligérien perd l'un de ses visages les plus contemporains. Installé au cœur de l'ancienne friche industrielle de Novaciéries, le Mausa a été contraint de cesser ses activités ce mardi 10 février. Cette décision radicale intervient alors que l'établissement n'avait pas encore soufflé sa première bougie, son inauguration remontant à peine au mois de mai 2025.

Derrière les murs de la halle 07, rue Pétin Gaudet, la réalité financière a fini par rattraper l'ambition artistique. Le musée affiche aujourd'hui un passif dépassant les 60 000 euros, une somme devenue insoutenable pour la structure. Ce naufrage économique trouve son origine dans une mésentente profonde entre le fondateur du projet, Stanislas Belhomme, et l'investisseur privé qui possédait jusqu'alors la majorité du capital.

Pour tenter de sauver l'esprit du lieu, le créateur a fait le choix audacieux de racheter l'intégralité des parts sociales, se retrouvant seul aux commandes mais face à une impasse budgétaire. La situation est devenue critique, ne laissant d'autre option que de baisser le rideau pour limiter les pertes. S'exprimant sur cette période de turbulences, il confie :

« Je me retrouve avec des investisseurs qui ne font plus partie de la société parce qu'on ne s'entendait plus. J'ai mis tout ce que je pouvais mettre dans ce musée. Mais on a accumulé des dettes. Donc, on a pris la décision de fermer le musée pour arrêter l'hémorragie. C'est vrai que ce ne n'est pas très positif pour nous. »

L'avenir de ce haut lieu du street art local est désormais suspendu à une décision juridique imminente. Deux trajectoires se dessinent pour l'entité : le lancement d'un plan de sauvegarde, qui permettrait de geler les créances le temps de trouver un nouveau souffle, ou, à l'inverse, une liquidation judiciaire qui signerait l'arrêt de mort définitif du musée.

L'espoir repose désormais sur l'éventuelle arrivée de nouveaux partenaires financiers capables d'injecter les fonds nécessaires à la survie de cette galerie monumentale. En attendant, le silence s'est installé dans la halle 07, laissant les œuvres orphelines de leurs visiteurs et la ville de Saint-Chamond amputée d'un projet qui se voulait le symbole d'une reconversion réussie entre patrimoine ouvrier et expression artistique moderne.

La fermeture de ce site soulève une fois de plus la question de la pérennité des initiatives culturelles privées dans un contexte économique fragile. Le Mausa parviendra-t-il à renaître de ses cendres ou restera-t-il une parenthèse éphémère dans l'histoire de la vallée du Gier ? Les prochaines semaines seront déterminantes pour fixer le sort de ce projet dont l'hémorragie financière a, pour l'heure, eu raison de la passion.