Après une journée marquée par des blocages, des dégradations et plusieurs interpellations, huit lycées de la Loire passent aux cours à distance ce vendredi 2 octobre. La préfecture interdit également les rassemblements aux abords des établissements concernés.
La mobilisation lycéenne prend une nouvelle tournure dans la Loire. Après les incidents survenus jeudi 1er octobre dans plusieurs établissements et dans les rues de Saint-Étienne, les autorités ont décidé de renforcer les mesures de sécurité. Huit lycées du département restent portes closes ce vendredi, avec des enseignements organisés à distance. Dans le même temps, le préfet de la Loire a interdit les rassemblements aux abords de ces établissements.
Une journée particulièrement tendue jeudi
La journée de jeudi avait débuté par plusieurs blocages de lycées dans le département. À Saint-Étienne, la situation s'est notamment tendue devant le lycée Étienne Mimard.
Des poubelles ont été incendiées, des vitres brisées et plusieurs éléments de mobilier urbain ont été dégradés. Les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser les rassemblements. Des incidents ont également été signalés devant d'autres établissements.
Les transports en commun ont également été perturbés dans le secteur stéphanois. Selon le bilan communiqué jeudi, 23 personnes ont été interpellées dans le département et six personnes ont été blessées dans l'exercice de leurs fonctions : deux policiers, deux gendarmes et deux personnels de l'Éducation nationale.
Huit lycées passent en distanciel
Face à cette situation, huit établissements de la Loire ont été concernés par la fermeture et le passage des cours à distance.
- Simone Weil, à Saint-Priest-en-Jarez
- Honoré d'Urfé, à Saint-Étienne
- Étienne Mimard, à Saint-Étienne
- Claude Fauriel, à Saint-Étienne
- Monnet Fourneyron, à Saint-Étienne
- François Mauriac - Forez Pierre Desgranges, à Andrézieux-Bouthéon
- Claude Lebois, à Saint-Chamond
- René Cassin, à Rive-de-Gier
Cette décision a été prise par les services départementaux de l'Éducation nationale, sur proposition des chefs d'établissement. Le retour aux cours en présentiel dépendra de l'évolution de la situation.
Des rassemblements désormais interdits
En parallèle de la fermeture des établissements, le préfet de la Loire, François-Xavier Bieuville, a pris un arrêté interdisant les rassemblements aux abords des huit lycées concernés. L'interdiction s'applique à partir du vendredi 2 octobre et jusqu'à la reprise des enseignements en présentiel. Les organisateurs d'un rassemblement interdit s'exposent à six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende. Une présence renforcée des forces de l'ordre est également annoncée.
De nouveaux incidents vendredi matin
La fermeture des établissements et l'interdiction des rassemblements n'ont pas empêché de nouveaux regroupements vendredi matin. À Firminy, des difficultés de circulation ont notamment été signalées dans le secteur du lycée Jacob-Holtzer. Une voiture de police a également été fortement dégradée au niveau du lycée Albert-Camus, avec un pare-brise fissuré. Des incidents ont aussi été signalés place Carnot à Saint-Étienne ainsi que devant le lycée Beauregard à Montbrison.
Ces nouveaux épisodes interviennent alors que les autorités cherchent à éviter une nouvelle journée de dégradations.
À Saint-Étienne, un échange prévu avec les organisations syndicales
La municipalité de Saint-Étienne a annoncé de son côté vouloir échanger avec les organisations syndicales. Une rencontre était prévue vendredi à 13h30 à l'Hôtel-de-Ville afin notamment de rechercher des solutions permettant de sécuriser les prochains cortèges et de limiter les risques de dégradations et d'affrontements. Cette initiative intervient alors qu'une nouvelle journée nationale de mobilisation est annoncée pour le mardi 6 octobre.
Une situation qui dépasse les seuls établissements scolaires
La mobilisation ne se limite désormais plus aux grilles des lycées. Les incidents de jeudi ont également touché l'espace public, avec des dégradations de mobilier urbain et des perturbations des transports à Saint-Étienne. Dans ce contexte, les autorités doivent désormais gérer deux enjeux simultanément : permettre l'expression des mobilisations lycéennes tout en assurant la sécurité des élèves, des personnels et des autres usagers de l'espace public.
Pour les huit établissements concernés, la réponse immédiate est donc numérique : ce vendredi, les élèves suivent leurs cours à distance plutôt que de se rendre dans leur lycée. La situation reste susceptible d'évoluer au fil des prochaines journées, notamment à l'approche de la nouvelle mobilisation annoncée pour mardi.
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